Compagnie Théatre 7
BAMBOOLA BAMBOCHE

de Jean-Claude CHARLES
 

Commentaire


Tout dans mon rêve est d’un pur présent. (André Green)



Le Cuivre et le Bambou est un rêve. Celui d’un écrivain (peut être l’auteur ), en “enracinerrance”, nourri des cultures rencontrées dans son exil.

Trois cultures dominent : la culture Haïtienne, la culture New-Yorkaise et la culture Française ( l’auteur réside entre Paris et New-York ).
Trois pointes d’un triangle dont le sommet demeure Haïti.

Ces cultures ne s’annulent pas, ne se diluent pas, elles ouvrent l’être, le densifient, le rendent lucide au monde.

L’action se déroule de minuit ( l’heure du diable ) à sept heures du matin.
Le rêve possède sa propre chronologie et donne une interprétation férocement lucide -par les rapprochements, les superpositions, les distorsions qu’il se permet - de “l’histoire d’une île de passage, de bêtes bagarres de territoires... Les chevaux - on pourrait raconter l’île par les chevaux... On pourrait raconter l’archipel par la mer, les bateaux, les mouvements des bateaux” .
L’Histoire étouffée d’une Caraïbe en mal de liberté.

“ Il y a là des bribes de drames... Il y a là des dérapages inexpliqués... Il y a là un trop-plein de mémoire qu’il fallait capter, des souvenirs qui se contorsionnaient... la mémoire parfois s’empâtait, les langues s’empâtaient, parfois tout était limpide.”

L’écriture de Jean-Claude Charles -poète, journaliste, fou de jazz- est une explosion d’images, de mots, de sons. C'est un cri contre “ l’ordre fondamentalement injuste de ce monde”, un cri chargé d’humanité , restitué avec un humour très coloré, éperdument vivant, une poésie étonnamment palpable, une connaissance viscérale du dossier.

Le traitement de l’espace scénique jouera sur l’effet de “distorsion” du rêve. Espace réel, mouvant et coloré.

Les musiques seront de trois ordres : populaire haïtienne, populaire hispanique (Chavela Vargas, meringue,salsa.. ) et jazz.

Cette écriture savante et si accessible a besoin de puissance, d’énergie.
Pour la première fois, elle passera par la scène .
Un est l’esprit carnavalesque qui régnera.

L’envie de porter à la scène “ Le Cuivre et le Bambou “ est née d’une complicité, une amitié à peine dite, mais profonde qui nous unit.

Le projet verra le jour en 2004 et ce sera notre manière à nous de “ célébrer ” le 200ème anniversaire de la création de la “ Première République noire indépendante ”.


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