Compagnie Théatre 7
LES VEUFS

de Louis CALAFERTE
 

Notre commentaire


La Veuve :
Moi... Je ne devrais pas le dire, mais le chagrin, ça me creuse… Quand j’ai des ennuis ou des soucis, c’est chaque fois la même chose, j’ai besoin de manger. J’ai toujours l’impression d’avoir un creux, là.

Le Veuf :
Ça le fait chez certaines personnes.

La Veuve :
Moi, ça me l’a fait depuis toute petite. Je me souviens, déjà, à l’école, la moindre contrariété, je dévorais...

Le Veuf : ( psychologue )
C’est une sorte de compensation...L’organisme se défend. Non, moi, de ce côté là, je ne dérègle pas ...

La Veuve : ( objective et émue )
Ça me mettait hors de moi, parce que quand on a quelqu’un qui est perdu et qu’on n’arrête pas de manger, on s’en veut, n’est-ce pas ? … On se le reproche... je pleurais comme une fontaine, mais n’empêche, je me faisais mes deux œufs brouillés avec des petits croûtons.


Il faut habiter ces personnages qui sont des archétypes, non des caricatures.
La tendresse que nous pouvons éprouver pour eux doit nous permettre de restituer la réalité sans condescendance ou pitié, mais au contraire avec acharnement, avec une précision méthodique, chirurgicale, pour exposer ce “terrifiant tragique dérisoire” par le biais d’un théâtre vivant, cher à Louis Calaferte .

Le Théâtre de Calaferte, et plus encore ses pièces intimistes, me touche par l’écriture, bien sûr, mais aussi par le traitement qu’il entend qu’on lui donne : le nécessaire comique et la légèreté.

Il y a chez lui une acuité du regard puis comme un arrêt sur image. Il retient avec une extrême précision un moment, un état, un climat; d’autres n’en tireraient qu’une photographie, un instantané, pas lui.


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